SON

 

Diapason

Fondamentale et harmoniques

Harmoniser

Les 4 paramètres du son

Mesure en pieds

Notation et numération

Reprises

Taille d'un tuyau

Tempérament

 

Diapason

Hauteur sonore d’un instrument de musique tout entier.

Il est donné, par pure convention, par le La de l’octave du 4 pieds.

Sa diversité et sa variation à travers les cultures et les siècles de l’histoire musicale européenne a conduit à des tentatives de le normaliser.

Il est actuellement de 440 hertz.

Les orgues corses se situent entre 415 hz et 445 hz.

 

Le diapason varie avec la température ambiante.

Beaucoup de musiciens exigeant tel ou tel diapason, sont toujours étonnés que les accordeurs leur demandent d’abord à quelle température ce diapason est souhaité.

Par exemple, 440,0 à 15 °C donnera 446,8 à 24 °C.

 

Fondamentale et harmoniques

Tout son produit dans la Nature est composé d'une fondamentale et d'harmoniques classés dans un ordre immuable.

Mais dans ce cortège à l'ordre obligé, fondamentale et harmoniques n'apparaissent pas toujours avec la même intensité.

Il y a des sons où la fondamentale est plus forte.

Dans d'autres ce sont les harmoniques qui prévalent.

Dans d'autres encore, seulement certains harmoniques surnagent et les autres sont inaudibles.

Ce sont ces différences qui constituent la nature même du timbre (voir le mot Les 4 paramètres du son).

La Trompette d'Orchestre, par exemple, est très riche en fondamentale et en harmoniques, elle a un son éclatant.

Le tuyau d'orgue est, de tous les instruments de musique, le plus pauvre en harmoniques.

Le plomb ou le bois, les grosses tailles de tuyaux, affirment la fondamentale et peu les harmoniques.

L'étain, les fines tailles offrent en bouquet lumineux de riches harmoniques.

 

Le facteur jongle donc avec les tailles et les matériaux des tuyaux pour orienter la couleur générale du son d'un orgue lorsqu'il le conçoit.

Harmoniser

Littéralement, l'art de faire vivre ensemble différentes parties hétérogènes.

Cette traduction littérale est porteuse de puissantes réalités.

Le tuyau d'orgue seul n'est rien.

L'orgue, véritable synthétiseur, propose une multiplicité de sons, venus de différents jeux et de différents endroits dans un même jeu.

Ce faisant, il va au devant de la capacité et du penchant naturel de l'oreille humaine à écouter et percevoir globalement.

L'harmonisation est donc bien l'art de laisser s'exprimer des individualités et de les amadouer intelligemment pour les rassembler et les fondre ensemble dans un projet commun, de rassembler ce qui est épars (alors que les soupapes dans la laye, rendent épars le vent qui était trop assemblé).

Vu par le petit bout de la lorgnette, l'harmonisation désigne souvent l'intervention du facteur, au moment où il fait parler les tuyaux à la naissance ou la re-naissance d'un orgue, halo au mystère souvent soigneusement entretenu.

Le champ de la lorgnette augmentant, on s'apercevra que l'harmonisation commence dès les prémices de la conception d'un instrument : les choix de son emplacement dans la nef, de sa grandeur, de son tracé intérieur, des tailles et paramètres de fabrication de beaucoup de pièces intérieures et non seulement des tuyaux.

En un mot comme en cent, tout concourt à la solidarité étroite des engagements pris.

La fin du 19 ième siècle et la première moitié du 20 ième, époques de la naissance et du règne de l'ingénieur aux dépens du musicien, avait imposé la vision de l'harmoniste en blouse blanche, grand seigneur inatteignable, logé dans les parties hautes des étages des grands ateliers.

Le renouveau de l'orgue ancien à partir des années 60 s'est plus ou moins débarrassé de cette vision encombrante et inutile, au profit d'une préhension plus humble et plus directe de l'incarnation d'un son.

 

Les 4 paramètres du son

On distingue 4 paramètres dans un son :

- la durée : à l'orgue elle dépend du temps d'enfoncement d'une touche du clavier,

- l'intensité : elle est réglée de façon immuable par le facteur à la construction de l'orgue pour chaque tuyau,

- la hauteur : grave (grands tuyaux) ou aiguë (petits tuyaux),

- le timbre : dépend du matériau (bois, étain, plomb, zinc, fer-blanc) et de la forme employée pour la construction du tuyau (cylindrique, conique, bouché, à cheminée, ouvert large, ouvert moyen, ouvert étroit).

 

Mesure en pieds

Par habitude, le facteur d'orgues utilise le Pied de Roi d'Ancien-Régime (324,84 mm) pour mesurer la longueur du corps du plus grand tuyau d'un jeu d'orgue, en général le premier Do de ce jeu.

Il dira ainsi un 8 pieds, un 4 pieds, un 2 pieds, etc.

Cette désignation constitue un moyen rapide de visualisation mentale de la hauteur du jeu concerné.

 

Notation et numération

On attribue aux notes des noms qui varient suivant les cultures.

La notation latine utilise Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La, Si.

La notation anglaise utilise C, D, E, F, G, A, B

La notation allemande utilise C, D, E, F, G, A, H (le B est utilisé pour le sib).

 

La numération latine attribue à la première octave le chiffre 1, à la seconde le 2, etc....

Celle allemande utilise le mot Grand pour les notes de la première octave, Petit pour celles de la seconde et ne place le chiffre 1 qu’à la troisième octave.

Reprises

Lorsque l'on se dirige vers l'aigu dans l'écoute des tuyaux, l'oreille humaine atteint bientôt une limite auditive.

Le facteur crée alors à cet endroit une reprise. Il continue la suite des tuyaux, mais en les faisant sonner une octave plus bas.

On parle ainsi de plafond, lequel varie en général entre le 1/6 et le 1/8 de pied dans l'orgue corse (voir le Tableau des harmoniques).

Certains jeux aigus peuvent avoir, de cette façon, plusieurs fois des reprises.

Ecouté séparément, un jeu avec reprise apparaîtra non seulement très aigu, mais discontinu.

Telle est la magie de l'orgue où ces reprises ne se font plus entendre et se fondent dans l'ensemble quand ces jeux sont employés en mélange avec d'autres.

On rencontre le plus souvent des reprises dans les rangs du Ripieno, mais aussi dans l'extrême aigu de la Tierce du Cornetto.

 

Taille d'un tuyau

Parmi les critères de classement des tuyaux d'orgue (matière, appartenance à un jeu, etc.), le diamètre (ou la section) en est un privilégié.

Le facteur d'orgues parle alors de taille, et utilise 3 catégories :

- grosse ou large ou flûtée,

- moyenne ou principale,

- fine ou étroite ou gambée.

 

Ces 3 familles, comme toutes les catégories, doivent être prises en esprit et non à la lettre, comme une orientation générale qu'un facteur donne à un instrument, ou une période de l'Histoire ou une aire géographique à un style. Elles ne connaissent pas de frontières objectivement définies.

Par exemple, les plus fines tailles d'un orgue de cathédrale pourront être les plus grosses tailles d'un orgue de salon, et inversement. Le 17 ième siècle français pouvait avoir souvent des tailles plus fines qu'au 18 ième.

 

La différence de tailles génère une différence manifeste dans le son produit.

Plus une taille est large, plus elle procure une affirmation de la fondamentale au détriment des harmoniques.

A l'inverse une taille gambée est très riche en harmoniques et quelquefois pauvre en fondamentale.

On se doute alors bien que la taille principale est un équilibre des deux.

 

Cette différence de tailles se manifeste encore plus visuellement.

A hauteur égale (donnant la même note), deux tuyaux de tailles différentes auront des longueurs de corps inégales. Celui de plus grosse taille sera un peu plus court, celui étroit aura un corps plus long.

 

Tempérament

Manière de répartir les douze demi-tons d'une octave.

Le facteur d’orgues nomme cette action « faire la partition ».

Lorsque l'on accorde, on part d'une note (en général le la) et l'on obtient toutes les autres de l’octave par intervalles successifs de quintes, de quartes ou de tierces.

Par exemple, par quintes : la-mi (on accorde le mi sur le la de départ), mi-si (on accorde le si sur le mi qui vient d’être accordé), si-fa#, etc...

La dernière quinte, de ce cycle de 12 quintes successives, sera ré-la.

Si ces intervalles de quinte sont accordés parfaitement justes, le la de départ et le la d’arrivée, étrangement, ne seront pas justes. Leur intervalle sera outrepassé d’un tant soit peu, quantité audible pour à peu près toute oreille.

La nature produit en effet cette impossibilité, étonnante mais incontournable, d'obtenir en même temps la justesse naturelle des intervalles d'octave et celle des quintes, quartes, ou tierces.

Il faut choisir.

En général, l'oreille humaine exige l'octave juste, impliquant alors de diminuer, de tempérer, quintes ou quartes ou tierces, pour, à la fin du cycle, obtenir cette justesse non négociable de l’octave, sur le dernier intervalle (appelé preuve).

Cette diminution obligatoire, ou nécessité de tempérer, a pris des contenus différents suivant les époques :

- soit on effectue des réductions inégalement réparties.

Certains intervalles de quintes ou de tierces seront quand même maintenus dans la sublime beauté de la justesse (on dit aussi purs), rejetant toute les scories des réductions sur ceux qui restent.

Jusqu’à, pour certains, hurler de fausseté (on n’hésitera pas alors à employer le mot de quinte du loup pour désigner le plus faux de tous).

Ce sont les tempéraments dits inégaux. Ils sont pluriels au catalogue de l'Histoire, car chaque musicien entendra, exigera et tempérera suivant son goût et son époque.

- soit on les répartit également. C’est alors le tempérament égal, seul et unique au même catalogue.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
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