ALIMENTATION EN VENT

 

Aine

Boîte à rideau

Eclisses

Gosiers

Parallélogrammes

Peau

Poids sur les soufflets

Pompes

Portevent

Pression

Réservoirs et soufflets

Roues de relevage des soufflets

Soufflet cunéiforme

Souffleur

Soupape de sécurité

Tremblant

Vent

Ventilateur électrique

 

 

Aine

Pièces de peau joignant les éclisses frontales et latérales d'un soufflet ou d'un réservoir.

Lors du pliage ou du déploiement d'un soufflet ou d'un réservoir, on observera aux angles, que les éclisses doivent nécessairement se rapprocher ou s'éloigner, selon qu'il s'agit d'un pli rentrant ou sortant.

Ce vide, nécessaire et mouvant, est comblé par l'aine, collée aux éclisses voisines.

 

Boîte à rideau

Lorsque l'air est fourni par un ventilateur électrique, ce-dernier produit un vent en très grande quantité qu'il faut réguler.

Pour ce faire on interpose entre lui et le réservoir une boîte munie d'un rideau à déplacement vertical relié à la table du réservoir.

Les déplacements de la table supérieure du réservoir et du rideau sont ainsi couplés :

- lorsque la table s'abaisse (consommation d'air dans les tuyaux), le rideau s'ouvre un peu plus et laisse passer une quantité de vent compensatrice,

- inversement lorsqu'on ne joue plus, le ventilateur relève la table supérieure du soufflet en lui fournissant du vent, et le rideau se fermera entièrement à une position de la table du soufflet déterminée par le facteur, en attente de consommation d'air.

 

Eclisses

Dans un soufflet à plis, il s'agit de la partie dure d'un pli.

Les plis, qu'ils soient entrant ou sortant, sont faits de lames de bois fines (quelques millimètres seulement), réunies entre elles par des bandes de peau ou de parchemin, collées.

Ce sont ces lames que l'on appelle éclisses.

 

Gosiers

Boîtes placées sous les soufflets cunéiformes et sur lesquelles ils sont encastrés.

Elles reçoivent le vent produit par les soufflets.

Elles comportent une soupape anti-retour permettant l'alternance de production du vent par l'un ou l'autre des soufflets.

 

Parallélogrammes

Mécanismes vissé contre l'extérieur des réservoirs et destiné à assurer le déploiement parallèle et régulier des tables ainsi que l'ouverture égale des plis.

Ils se présentent sous la forme de bras articulés en métal ou en bois, ressemblant aux parallélogrammes des dessinateurs anciens.

On en place au minimum 2, mais couramment 4, sur des côtés opposés du réservoir.

 

Peau

Le facteur désigne ainsi la peau de mouton blanche.

Elle est utilisée chaque fois que l'on veut créer une frontière souple mais étanche entre un conduit ou passe le vent sous pression et l'extérieur.

 

Poids sur les soufflets

Les soufflets ou les réservoirs sont munis de poids disposés sur leurs tables supérieures, destinés à assurer une pression déterminée du vent.

Ce sont en général des pierres ou des sacs de sable.

Ils ne doivent jamais être ni déplacés sur la table, et encore moins enlevés ou augmentés au risque de modifier la pression et de rendre l'orgue totalement faux.

 

Les pierres ont cet avantage qu'elles ne sont pas dévorées par les rats. Mais elles peuvent être déplacées ou enlevées par inadvertance.

Les sacs de sable permettent un affinement du poids que l'on désire placer sur le soufflet, mais la toile de jute qui les compose est un mets de choix pour les rongeurs.

Giuseppe Lazzari utilisait des sacs de sable.

 

Pompes

Petits soufflets cunéiformes, disposés sous les réservoirs et destinés à les remplir de vent.

Elles doivent être au moins deux pour pouvoir alternativement pulser constamment de l'air. Pendant qu'une se décharge, l'autre se remplit, et inversement.

Elles sont actionnées par un long levier manuel manié par un mouvement alternatif.

On rencontre parfois, mais plus rarement, un système de manivelle relié à un vilebrequin, remplaçant le levier alternatif.

 

Portevent

Conduit en général en bois, fait de 4 planches assemblées, carré ou rectangulaire, servant à conduire le vent.

 

Pression

Force du vent déterminée de façon immuable par le facteur d'orgues à l'origine.

Elle dépend du poids appliqué sur la surface de la table supérieure du soufflet ou du réservoir.

Elle se mesure en millimètres, par la différence de niveau de l'eau contenue dans un petit tube en U, dont l'une des extrémités est encastrée dans un trou du sommier.

 

Réservoirs et soufflets

Une différence importante existe entre les deux qu'il faut ici expliquer.

Le soufflet cunéiforme est son propre moteur. L'intervention humaine n'est là que pour relever la table supérieure. Une fois celle-ci relâchée, elle entre en action dans sa descente en brassant alors son propre vent.

Il n'y a aucun recoin de son volume intérieur qui ne contienne du vent toujours en action.

Le réservoir à tables parallèles est passif. Il reçoit de l'air de deux pompes placées sous lui, actionnées par le souffleur, et l'emmagasine de façon statique, créant ainsi une réserve d'air dans laquelle l'orgue puise à volonté.

Ce matelas d'air est ce qui fait la différence : il devient souvent une matière molle qui amortit et ne répond pas assez vite aux sollicitations très vives de l'orgue dans sa consommation. Ces appels, non suivis immédiatement, créent alors une secousse appelée houppement, gênante à l'audition musicale.

Le soufflet, lui, répond toujours avec immédiateté puisqu'il est constamment en mouvement. Sa table descendra alors plus ou moins vite.

Il génère un vent à la fois plus vivant et plus fluide.

Cette sérénité est parfaitement audible lorsque, dans une restauration, on place un ventilateur électrique sur une soufflerie cunéiforme. On utilise alors un des soufflets comme réservoir, mais gardant toujours la possibilité de se servir des soufflets manuellement.

Quantité et qualité s'affrontent ainsi à travers ces deux serviteurs.

On notera aussi que l'on emploie le mot vent pour l'un et air pour l'autre.

En Corse, la fin du 19 ième vit arriver peu à peu les réservoirs en remplacement des soufflets.

Les soufflets s'usaient plus vite que les autres pièces de l'instrument et il fallait donc plus souvent les réparer, le passage des rats accélérant cette nécessité.

L'exigence d'une quantité sonore remplaçant doucement mais inéluctablement le contentement d'un équilibre ancien, le goût musical se transformant, attiré qu'il était par le flamboiement de l'opéra grandissant, on en profita pour installer des réservoirs plus grands et meilleurs fournisseurs de ces appétits naissants.

La redécouverte de l'orgue ancien et de son équilibre perdu ou endormi a heureusement restitué les soufflets cunéiformes.

Certains facteurs ont même évincé le ventilateur bête, discipliné et bruyant, et proposé un remplaçant plus ou moins approximatif au souffleur d'antan en imaginant des machines de tout type, mécanique, pneumatiques, électriques.

 

Roues de relevage des soufflets

Les soufflets cunéiformes sont relevés à l'aide d'une roue munie de deux cordes.

Un axe en bois, rond, placé au-dessus de chaque soufflet, tourne sur lui-même grâce à deux pivots en métal et porte une roue à gorge en bois calée sur lui.

Ouverture du soufflet :

Une première corde, au départ enroulée dans la gorge, est tirée depuis l'extérieur par le souffleur.

Une seconde corde, accrochée à la table du soufflet, s'enroule alors sur l'axe en bois.

Arrivée à son point le plus haut, la table du soufflet s'immobilise.

Fermeture du soufflet :

Le souffleur lâche la première corde et le soufflet se referme par le propre poids de sa table supérieure augmenté de poids ajouté par le facteur.

La première corde s'enroule à nouveau automatiquement dans la gorge de la roue.

La seconde corde se déroule.

Il faut au moins deux soufflets pour assurer la permanence du vent :

- un soufflet en descente qui assure la fourniture du vent,

- un soufflet en remontée, ou déjà remonté et maintenu en position haute, avant d'être lâché pour prendre le relais du premier, avant qu'il n'arrive tout en bas.

En Corse on ne trouve jamais plus de trois soufflets.

Administrer correctement le vent est un art difficile, au début. Il exige une souplesse, un accompagnement doux et progressif, au moment du lâché du soufflet en position haute, et une surveillance constante du niveau du soufflet en action pour lui assurer un relais avant qu'il ne se ferme complètement.

Cette participation peut être considérée comme un véritable acte musical, un partage de la respiration avec l'interprète au clavier.

Il représente en tout cas un passage obligé très enrichissant pour tout musicien organiste.

 

Soufflet cunéiforme

Littéralement : en forme de coin.

(Se souvenir des anciens soufflets de forge).

Les soufflets cunéiformes ont en général de 3 à 5 plis saillants, constitués d'éclisses (parties plates et dures des plis) reliées entre elles par des joints en peau.

On distingue la table supérieure mobile, où l'on place les poids et celle inférieure munie de deux orifices rectangulaires :

- l'admission du vent avec une soupape anti-retour,

- l'orifice d'encastrement sur le gosier (voir ce mot).

La tête du soufflet est la partie pointue du coin.

La queue est l'autre côté, où les éclisses se déploient.

Des barres de renfort sont clouées sur ces tables pour en maintenir la planéité. Celle en queue du soufflet est munie d'un trou où est accrochée la corde de traction.

Quelquefois, les soufflets sont munis de caches latéraux, cloués sur les chants des tables, destinés à protéger la peau des plis de la dévoration des rats quand ils sont au repos, dans le silence des églises.

 

Souffleur

Avant l'arrivée de l'électricité et l'installation des premiers ventilateurs électriques, le vent était administré par un souffleur.

On ne pouvait aller jouer d'un instrument sans le secours de cette personne.

Les souffleurs, en Corse, ont laissé d'innombrables graffitis sur les buffets d'orgue, témoignant de façon simple, naïve et touchante, la vie des villages d'antan.

Lors de restauration récente, il n'est pas rare de rencontrer de vieux grands-pères reconnaissant leurs signatures d'enfant sur les buffets.

 

Soupape de sécurité

Les réservoirs seuls (et non les soufflets) ont une soupape de sécurité.

Elle se déclenche en cas de gonflement excessif du réservoir et permet ainsi l'échappement à l'air libre du trop d'air emmagasiné.

L'explosion d'un réservoir (déchirure des peaux ou fente des bois) n'est jamais à craindre. Leur qualité de construction les garantit de ce risque.

La soupape de sécurité est là pour empêcher deux sortes de dérives :​

- si le réservoir, en se gonflant excessivement, dépasse ses capacités, il va tendre ses plis et générer une pression plus grande que celle prévue au départ. Or l'orgue est un instrument à pression constante, celle fixée par le facteur au départ.

L'échappement du surplus d'air par la soupape de sécurité n'affectera pas la pression, mais seulement la quantité, devenue excessive.​

- la trop grande montée de la table supérieure peut, dans le cas d'un agencement intérieur de l'instrument serré, soit blesser d'autres parties plus fragiles, soit s'appuyer contre d'autres plus solides et pareillement générer cet excès de pression redouté.

La soupape est placée sur la face intérieure de la table supérieure du réservoir, et y est maintenue plaquée par un ressort.

Usuellement elle est reliée au fond inférieur du soufflet par une cordelette réglable, qui en se tendant déclenche l'ouverture.

Quelquefois un pointeau fixe en bois est placé à l'extérieur au-dessus du réservoir, et attend sa rencontre avec la soupape pour s'y appuyer et la faire ainsi s'ouvrir.

 

Tremblant

Artifice constitué d'une soupape, lestée d'un petit poids mobile placé sur une fine lame de métal élastique, placée dans le circuit du vent et battant par l'action de celui-ci.

Un tremblement régulier dans l'émission sonore des tuyaux est ainsi créé.

On distingue deux sortes de tremblants :

- le tremblant doux où la soupape est à l'intérieur du porte-vent. Elle utilise le judicieux placement du petit poids sur sa lame élastique pour animer son mouvement,

- le tremblant fort, à vent perdu où la soupape est à l'extérieur du porte-vent et crée son mouvement en laissant échapper le vent à l'extérieur.

On rencontre peu souvent des tremblants sur les orgues corses. Les rares qui existent ont souvent été placés à une période postérieure, sauf lorsqu'il s'agit des quelques orgues d'origine française (Ulmetu par exemple) où ils existent dès le départ.

On peut expliquer cette absence par le fait que la Voce Umana et le Tamburo nourrissaient peut-être suffisamment le souhait d'un tremblement.

 

Vent

Le facteur d'orgues utilise souvent le mot vent en remplacement du mot air pour désigner le fluide vital qui anime l'instrument.

 

Ventilateur électrique

Moteur électrique assorti en bout d'arbre d'une roue à ailettes, enfermée dans un caisson muni d'une bouche de sortie, et produisant un vent constant en quantité et pression.

Ils ont remplacé les souffleurs.

Les premiers arrivent en Corse dans les années 30 du 20 ième siècle.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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