Tempérament

Manière de répartir les douze demi-tons d'une octave.

Lorsque l'on accorde, on part d'une note (en général le la) et l'on obtient toutes les autres par intervalles successifs d'octaves et de quintes ou de tierces.

Par exemple la-mi (on accorde le mi sur le la), mi-si (on accorde le si sur le mi), si-fa#, etc...

Mais la Nature produit cette impossibilité incontournable d'obtenir en même temps la justesse naturelle des intervalles d'octave, de quinte, de quarte, de tierce.

Il faut choisir, et en général, l'oreille humaine exige l'octave juste, impliquant alors de diminuer quintes ou quartes ou tierces.

Cette obligation de diminuer, de tempérer, a pris des figures différentes suivant les époques :

- soit on répartit inégalement les réductions d'intervalle à l'intérieur de l'octave, favorisant les quintes ou les tierces (tempéraments inégaux).

Des intervalles parfaitement justes alternent alors avec d'autres férocement faux. Une dynamique est ainsi créée par les compositeurs qui utilisent ces altenances. 

- soit on les répartit également (tempérament égal, généralisé vers le milieu du 19 ième siècle environ). Tous les intervalles sont également faux.Tout le monde accède alors au même bonheur approximatif d'une satisfaction auditive.

Les accordeurs de piano dérogent à la règle.

Ils outrepassent l'octave d'une quantité à peine sensible à l'oreille, permettant d'avoir des quintes ou quartes ou tierces un tout petit peu moins fausses.

Le son issu d'une corde frappée, qui meurt et doit être renouvelé sans cesse pour exister encore, ne sollicite pas l'oreille de la même façon qu'un son tenu de tuyau d'orgue, qui nous fait entrer dans l'éternité.