Registration

Art de mélanger les différents jeux proposés par un orgue pour créer une couleur sonore propice à l'interprétation de la pièce musicale choisie.

Au cour du temps, cet art de registrer a été quelquefois (mais rarement) codifié dans des textes de portée générale, différemment suivant les lieux et les époques.

On trouve par exemple l'Arte Organica di Constanzo Antegnati, facteur d'orgues italien écrit en 1608, ou les règles de registration de l'orgue français 18ème dans le Dom Bedos de Celles.

Mais toutes les orgues n'ont pas les mêmes jeux, et les mêmes étiquettes de noms de jeux désignent des sonorités parfois très différentes d'un instrument à l'autre.

Une exigence d'adaptation est donc nécessaire sur chaque instrument. Elle demande de ne plus lire les étiquettes mais d'écouter.

Là se situe bien souvent le début d'un apprentissage inhabituel pour les organistes.

La musique ancienne n'indiquait jamais sur la partition (ou très rarement) le nom des jeux à utiliser pour la traduction en musique d'une pièce. On faisait confiance au bon goût.

C'est seulement à partir du milieu du 19ème siècle que de telles indications apparaissent.

En Corse on peut citer deux exemples de codes écrits de registration :

- sur le buffet de l'orgue du couvent de Santa Lucia di Tallà, est apposée, près des tirants de jeu une étiquette manuscrite, actuellement très décatie, indiquant le mode d'emploi des jeux.

- Serassi, facteur de l'orgue monumental de la Catedrale Santa Maria di Bastia, fournit avec son instrument un cahier manuscrit indiquant la façon d'employer les jeux.