Boursettes

En venant de la touche du clavier, le fil de traction doit entrer dans la laye (voir ce mot) par dessous, pour atteindre la soupape qui est à l'intérieur et provoquer ainsi son abaissement.

Un trou de passage dans le bois est donc nécessaire dans ce couvercle de laye, assez grand pour assurer un passage du fil sans frottement.

Mais on se souvient que l'intérieur de la laye contient du vent sous pression.

Immanquablement ce vent s'échapperait par le trou ainsi créé, si l'on n'entourait pas le fil de traction par une petite poche souple en peau, à l'intérieur de la laye, attachée au fil mobile et collée en même temps au couvercle fixe de la laye, par-dessus le trou de passage.

Le mouvement mécanique peut ainsi s'exécuter sans fuite de vent.

En Corse, le facteur colle souvent un écrou en cuir ou un noyau fruitier (cerise) pour couronner la boursette et parfaire ainsi l'étanchéité du système.

Il peut aussi utiliser un petite longueur d'osier, dont il vide la moelle intérieure et fait passer le fil de traction à l'intérieur. Il enfile ensuite la boursette en peau sur cet ensemble, tel un chapeau, et l'arrête en sa place par un autre bout d'osier en remplacement du noyau de cerise.

Ce système a le mérite d'une grande souplesse. Mais la peau est la première matière attaquée par les rats.

Il existe une autre manière de procéder :

On découpe un petit carré de tissu ou de peau (15 mm x 15 mm environ) que l'on recouvre d'un même carré de fer-blanc.

On pratique un trou très fin, du diamètre du fil de traction, au milieu du carré. Le tout est cloué aux 4 coins sur le trou de passage dans le couvercle de la laye.

La perte de vent existe mais elle est très réduite et non gênante, ni en bruit, ni en quantité. Le tissu sert d'ailleurs à réduire ce bruit éventuel.

Aucun frottement excessif n'est à craindre. Il existe, certes, mais l'épaisseur du carré en fer-blanc étant faible, ce frottement devient négligeable.

Ce dernier système a un inconvénient.

En effet, la traction du fil n'est jamais rigoureuseemnt droite et le fer-blanc fini par s'user, ovalisant le trou de passage et générant ainsi une fuite de plus en plus importante avec le temps.